Prix: Le général Alfred KOPF, GO de l'ordre national du Mérite
Le général Alfred KOPF, membre de la société des amis du musée de la Légion étrangère – Carte n° 496 - ancien chef de corps du 2e REI, notamment au Sahara, vient d’être honoré par le Président de la République qui l’a élevé à la dignité de grand officier de l’ordre national du Mérite.
Rappelons brièvement la biographie de ce grand ancien :
Né le 15 février 1918 à Colmar dans le Haut-Rhin, dans une famille alsacienne de vieille souche, il y effectue ses études secondaires au lycée Bartholdi et ses études supérieures à la faculté des lettres de l'université de Strasbourg.
Appelé au service militaire en septembre 1938, il suit les cours d'élèves officier de réserve à 1'école militaire d'infanterie et de chars de combat (EMICC) à Saint Maixent. Nommé aspirant à la déclaration de la guerre contre l'Allemagne au début de septembre 1939, puis sous-lieutenant, il fait campagne sur les bords du Rhin et dans les Vosges avec le 42e régiment d'infanterie de Forteresse.
Prisonnier de guerre à Saint Maurice dans les Vosges le 26 juin 1940, il est renvoyé dans ses foyers par l’autorité militaire allemande le 2 décembre.
Démobilisé, il milite dans la Résistance en Alsace annexée Réfractaire au service du travail obligatoire, il est placé en résidence surveillée à Triberg en Allemagne. Evadé par la Suisse en 1943, il est interné au camp de prisonnier de guerre des évadés des FFL en Suisse, puis au camp de Wylganterschwyl canton de Saint Gall. Il joue alors un rôle très actif dans le regroupement des Alsaciens évadés en territoire helvétique en formant et commandant la 2e compagnie, action qui aboutit en 1944 à la mise sur pied du groupe mobile d'Alsace (G.M.A.) au sein de la 1e armée française (1er et 4e bataillons de chasseurs à pied), à Ornans dans le Doubs.
Lieutenant, commandant de la 3e compagnie du 1er BCP, il prend part à la campagne d'automne du Jura et de la Haute Alsace, qui libère Mulhouse. Affecté à l'état-major opérationnel du Haut-Rhin, commandé par le général Charles Bapst, il entre dans sa ville natale le 3 février 1945 au matin.
En octobre 1945, il épouse à Colmar Nicole Nouveau, originaire de Vesoul en Haute-Saône.
Intégré dans l’armée d’active depuis juin 1945, il rejoint la Légion étrangère à Sidi bel-Abbès en janvier 1946, D’abord chargé de la formation des sous-officiers au dépôt commun des régiments étrangers (DCRE), également officier des sports, il remporte avec son équipe, le championnat militaire de France de football de l'année 1947.
En 1948, et 1949, il passe deux ans en Allemagne au sein des troupes d’occupation, au 1er régiment d'infanterie à Rotweil en Forêt noire, puis est admis à la 12e promotion de 1'école d'état-major.
Capitaine en avril 1951, il embarque en octobre pour un séjour de près de trois ans en Indochine en qualité de commandant de la 3e compagnie d'intervention du 1er bataillon de marche d'Extrême-Orient (1er BMEO) en Cochinchine et 9e compagnie du régiment mixte du Cambodge (RMC). A l’issue de ses temps de commandement il devient officier d'état-major opérationnel couvrant le Centre Cambodge à Takmao et les Hauts Plateaux à Plei Ku. Il termine son séjour avec quatre citations, une blessure et la croix de chevalier de la Légion d'honneur « pour services exceptionnels de guerre ».
Rapatrié, il est affecté au 3e bureau de l'état-major de la 4e division d'infanterie motorisée (4e DIM), commandée par le général de division Raymond Pedron, stationnée à Fribourg en Brigsau dans le pays de Bade).
Il quitte les Forces françaises en Allemagne (FFA) avec cette grande unité dès août 1955 pour faire campagne en Oranie en Algérie et au Maroc où il participe en particulier aux opérations de maintien de l'ordre à Rabat, lors des événements provoqués par le retour du sultan Mohamed V en décembre 1955.
Il intègre la 70e promotion l’école supérieure de guerre, en septembre1956. Il y est promu au grade de chef de bataillon le 31 mars 1958. Et à sa sortie, il sert à la division « renseignements » chargée du « monde germanique », de l'état-major général de la défense nationale, puis au cabinet du général inspecteur de l'infanterie.
== La Légion :==
De retour en Algérie, en octobre 1960, il reçoit le commandement du 1er bataillon du 2e régiment étranger d'infanterie à Aïn-Sefra dans le Sud Oranais. Il participe à de nombreux engagements pour assurer l’étanchéité de la frontière algéro marocaine dans l'Atlas saharien. Il est cité trois fois dont une citation à l'ordre de l'armée.
Affecté au printemps 1962 à 1'état-major du corps d'armée d'Oran, il assume les fonctions de chef du 3e bureau pendant les derniers combats, puis durant la délicate période de 1'accession de 1'Algérie à l'Indépendance et du rapatriement du gros des forces françaises, sous les ordres du général de corps d'armée Ginestet, remplacé après son assassinat par le général de corps d'armée de Bellenet. Il y est promu au grade de lieutenant-colonel.
En janvier 1963, il rejoint les FFA à Baden Baden au poste de sous-chef du 3e bureau de l’état-major du général commandant en chef, commandant de la 1e armée française intégrée au sein de l’OTAN, comprenant un corps d'armée français et un corps d'armée allemand. Il est promu au grade d’officier Légion d'honneur en 1963.
== Le chef de corps de Légion ==
En juillet1965, il est désigné pour prendre le commandement du 2e régiment étranger d'infanterie (Régiment du Sahara) qui a pour mission d'assurer la sécurité des sites d'expérimentations nucléaires et spaciales depuis Colomb Béchar, Hammaguir, Beni Abbès au Nord, jusqu'à Reggan, In Salah et Tamanrasset au Sud. Avec son régiment, il assure les dernières manoeuvres françaises au Sahara et, en juillet 1967, assure la fermeture des champs de tir sahariens en exécution des accords d'Evian. Il ramène le 2e REI sur la base de Mers el Kébir.
En septembre 1967, il est de retour à Baden Baden en qualité de chef du 3e bureau de l’état-major d commandant en chef des FFA ; le général d'armée Jacques Massu.
En septembre 1969, il participe à la création du commandement de la 1e armée (hors OTAN) et assume pendant deux ans la direction de la division opérations, en contact fréquent avec les niveaux de décisions élevés nationaux et OTAN.
À partir de septembre 1971, il exerce le commandement de la 15e brigade des forces de manoeuvres à Verdun. (4e division aux ordres du général de division Toussaint, intégrée au 1er corps d'armée du général de corps d'armée Lefort).
Admis en 1re section des officiers généraux, il passe adjoint au général de division Henry, nouveau commandant de la 4e division, jusqu'à sa nomination en mai 1974 à la tête de la mission militaire française au Laos.
Chef de la mission militaire française d'instruction auprès du gouvernement royal du Laos (M.M.F.I.G.R.L.), conseiller militaire du Roi et de son Premier ministre, il est promu divisionnaire. Assurant d'une part la formation théorique et pratique de l'ensemble du corps des officiers laotiens et entretenant d'autre part les meilleurs relations avec les diverses autorités américaines et chinoises implantées au Laos, il doit notamment intervenir au cours de l'été 1975, pour dégager le général US Round, chef de la mission militaire américaine. Celui-ci, en situation périlleuse, assiégé dans sa résidence par une foule hostile, fait appela aux Français qui, usant du seul prestige de la mission militaire française sur des assiégeants survoltés, se transformant en incendiaires, arrive à calmer la situation.
En liaison étroite avec l'ambassadeur de France, il assiste en « témoin agissant » à la fin de l'Indochine libre et à sa prise en main par les Soviétiques, ce qui se traduit vers la fin 1975 pour le Laos par l'abdication du roi et la proclamation de la République démocratique et populaire laotienne.
Ne souhaitant pas voir ses personnels devenir les otages des nouveaux maîtres de l'Indochine communiste, il provoque la fin de la mission de la MMFI/GRL et rapatrie sans encombre ses quelque cent cinquante personnels, dernier élément actif de l'armée française, présente en Indochine depuis Napoléon III jusqu'au début de 1976.
De retour en métropole au printemps 1976, après un périple « Pacifique » le menant en Australie, en Nouvelle-Calédonie et à Tahiti, il quitte le service actif pour se retirer à Vesoul.
Pendant une quinzaine d'années il assume les responsabilités de délégué général du Souvenir français pour la Haute-Saône tout en animant, comme président d'honneur, certaines associations d'anciens combattants en particulier des combattants volontaires dont il est membre du comité d'honneur à l'échelon national et surtout de l'amicale des anciens du groupe mobile d'Alsace.
== Décorations : ==
Commandeur de la Légion d’honneur
Grand officier de l’ordre national du Mérite en 2008 (à la date de remise réglementaire des insignes)
Deux fois blessé, il est titulaire de :
7 citations dont une à l’ordre de l’armée et une à l’ordre du corps d’armée
Croix du combattant volontaire 1939 19445
Médaille française de la Résistance
Médaille du Réfractaire
Médaille des Evadés avec lettre de félicitations
Médaille coloniale « EO »
Médaille commémorative de la guerre de 1939 1945 « France » « Libération » « Allemagne »
Médaille commémorative « Indochine »
Médaille COSMO AFN « Algérie » « Maroc »
Par ailleurs il est autorisé à porter les insignes de la médaille de la Défense nationale du Cambodge avec citation à l’ordre de l’armée cambodgienne
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