FSALE

C’est au cours de sa patrouille de routine que le gendarme portugais Carlos Costa l’a découvert. De loin, à un endroit perdu au sud du pays, il avait vu de la fumée s’échapper d’une vieille baraque et, intrigué, il s’y était rendu.

 

Un homme, la cinquantaine passée, y vivait dans des conditions extrêmement précaires sinon misérables, caché à la vue de tous. Interrogé, l’homme dit être un ancien caporal-chef légionnaire français.

 

D’emblée le gendarme s’intéresse à lui et décide de lancer un message d’alerte sur les réseaux sociaux pour tenter d’obtenir de l’aide pour cet homme.

 

Dans le même temps et en attendant d’éventuelles réponses à son appel, il prête une assistance concrète à cet ancien qui, ayant servi dans les rangs de la Légion étrangère de 1980 à 1994, produit tous les documents officiels français attestant sa bonne foi.

Retraité, il ne perçoit aucune pension.

 

L’ex-adjudant Albino Nunes qui vit près d’Alès capte le message et alerte le président de l’Amicale du Portugal qui contacte le sergent-chef (er) Jean Palma qui vit à cinquante de kilomètres de la « résidence » de l’ancien.

 

Palma rencontre le gendarme et enfin notre ancien. Il est patent, selon son « compte rendu », que l’homme a besoin d’une aide urgente de l’institution légionnaire.

Je suggère un séjour transitoire à Puyloubier pendant la durée de régularisation de la situation de ce brave que j’avais connu au 5è étranger.

 

Le directeur du FELE contacté, m’assure immédiatement d’un soutien à l’ex-caporal-chef.

Palma n’écoutant que sa fibre légionnaire lui propose de le conduire en France ; il accepte avec quelque réticence car « Puyloubier c’est pour les vieux »… et le voyage est programmé pour le samedi pascal.

 

Hélas le directeur du FELE me dit qu’il est à craindre qu’il n’y ait personne pour accueillir l’ancien. Je suggère un hébergement au CHALE à La Ciotat… mais, à quelques jours de la commémoration du combat de Camerone tous les logements sont occupés par des anciens.

 

Pour raisons familiales Palma ne peut différer son voyage. Qu’à cela ne tienne, le président de l’amicale prend contact avec l’adjudant-chef Noviot adjoint au directeur de la Maison du Légionnaire à Auriol qui s’engage à héberger notre homme.

 

Le samedi 19 avril au matin, alors qu’ils s’apprêtent à partir, surgit le gendarme portugais qui a obtenu une permission spéciale de son capitaine et se propose de les conduire.

 

Dans la nuit de samedi à dimanche, vers deux heures du matin l’adjudant Nunes et son épouse, venant d’Alès, attendent nos trois voyageurs au péage de Nîmes et vont les recevoir et les héberger pendant le week-end pascal. L’accueil est très chaleureux et de surcroît, Nunes tient à participer financièrement aux dépenses de voyage.

 

Ainsi notre caporal-chef a pu rejoindre Auriol d’où notre camarade, le lieutenant-colonel Sabljic, directeur, m’a téléphoné pour m’informer des suites favorables prévues pour cet ancien, en liaison avec le lieutenant-colonel Jullien directeur du FELE.

 

Ce caporal-chef peu après son départ à la retraite vit en France et perçoit sa retraite. Aventureux, il tente sa chance aux Etats-Unis, puis en Argentine et au Chili avant de revenir en France puis de rejoindre le Portugal. Tous ces chamboulements ont dû faire perdre sa trace par le Trésor public… qui cesse le paiement de sa pension.

 

Il s’installe au soleil du sud portugais où il va vivre d’un petit boulot dans la restauration, mais n’a que sa vieille voiture pour domicile.

L’affaire tourne court et il perd même sa voiture, saisie.

 

Des mots ( !) avec le plus proche consul de France font qu’il n’a pu obtenir un certificat de vie pour informer la puissance publique de ses droits. Découragé et sans moyens financiers, il baisse les bras et s’installe dans une vie sans espoir.

 

Outre nos propres camarades légionnaires, il faut louer ce gendarme portugais, le caporal Carlos Costa en garnison à Loulé, sans lequel rien n’aurait été possible.

 

Qu’il soit ici remercié pour son action salvatrice.

 

Une nouvelle fois la Légion prouve, si besoin était, que malgré l’individualisme galopant de notre société, solidarité n’est pas un mot vide de sens.

 

Antoine Marquet

 

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