FSALE

 

6 décembre 1870 : l'Armée de la Loire est divisée en deux. La première, est confiée à Chanzy et est appelée la seconde Armée de la Loire. La seconde, est aux ordres de Bourbaki et prend le nom d’Armée de l’Est. Elle prend naissance du côté de Bourges s'étoffe tant bien que mal durant son parcours en direction vers l’Est. Le 15ème corps d’armée, auquel appartient de Régiment étranger, avec son fidèle compagnon, le 39e de ligne, est affecté à cette Armée de l’est. Les troupes, hâtivement rassemblées, sont en majorité peu entraînées et mal équipées.

 

20 décembre : l'Armée de l'Est entame son mouvement vers la Saône. L’Armée de l’Est compte bientôt 140 000 hommes. Mais c’est une Armée hétéroclite. Son objectif est de couper les arrières et les lignes de communication des Prussiens, et au passage de délivrer Belfort où le colonel Denfert-Rochereau et ses troupes se sont enfermés. Il s'agit d'aller le plus vite possible jusqu'à Belfort. Pour y parvenir, la Délégation du département du transport tranche sans avoir aucune idée de la réalité. Elle prend la décision de faire transporter toute l'armée du général Bourbaki par le train. Or, le train de l'époque est géré par six compagnies indépendantes et fonctionne sur la base de 7 réseaux régionaux, ce qui complique la tâche. Par ailleurs, ce réseau doit cesser de transporter tout le reste : voyageurs privés, marchandises ce qui n'est pas facile pour des sociétés privées qui ont besoin de faire des bénéfices. D'autre part, un certain nombre de lignes ne sont pas ouvertes au public, et peu de gares disposent d'infrastructures à usage militaire. Cette pagaille conduit à d’importants encombrements qui bloquent, pendant des durées plus ou moins longues, les différents trains avec des hommes, des animaux et du matériel à une période de l'année où les conditions climatiques sont particulièrement difficiles. Il fait, à cette époque, une température entre moins 12 et moins 18 degrés. La vitesse moyenne des trains est de 3 Km par heure. De nombreux décès sont enregistrés. C’est ainsi que le 20ème corps d'armée passe de 26 000 à 22 000 hommes entre le 14 et le 30 décembre sans combat. Pour ajouter encore plus de difficultés à ce transport, Bourbaki décide que la gare finale ne sera plus Besançon, comme prévu initialement, mais Clerval (dernière station avant Montbéliard). Or cette gare ne dispose pas des moyens nécessaires pour accueillir autant de soldats et, de plus, les trains, qui y arrivent, ne peuvent y faire demi-tour.  

Le Régiment Etranger reçoit l’ordre de prendre le train en gare de Vierzon, destination Montbéliard. Mais les nombreux trains qui se dirigent vers l’Est roulent avec une lenteur désespérante sur les voies uniques. Les hommes souffrent du froid et du manque de nourriture.

27 décembre : Les Allemands évacuent Dijon. À la nouvelle que Bourbaki marche vers l'est, le général von Werder ; le vainqueur de la bataille de Strasbourg, rappelle autour de Vesoul tous ses détachements épars.

Le 1er janvier 1871 la situation est la suivante : du côté français, le 18ème CA est vers Auxonne, le 20ème autour de Dôle, le 24ème CA est en cours de débarquement à Besançon et le 15ème CA avec ses légionnaires est toujours autour de Bourges. Les Allemands se trouvent entre Lure et Port Sur Saône avec leur quartier général à Vesoul et bien entendu aux alentours de Belfort.

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, le 18ème CA franchit l'Ognon vers Pesmes. Les autres corps avancent parallèlement au 18ème. C'est ainsi que le 20ème arrive à Voray où il franchit l'Ognon.

Le 4 janvier, les 3 corps d'armée forment une ligne Bucey Les Gy, Voray. Le général Bourbaki, plutôt que d'attaquer Vesoul où visiblement il aurait pu avoir la victoire sur le général von Werder (plus de 100 000 hommes de l’Armée de l’Est contre 25 000 du XIV’ Corps), décide de continuer sur Belfort et dirige tous ses soldats en direction de cette ville. Le général von Werder décide donc de devancer l'armée du général Bourbaki notamment en atteignant avant lui la Lizaine (rivière qui passe à côté de Montbéliard). Le général Bourbaki prend son temps car il attend sans succès le ravitaillement de ses troupes. Cette opération de l’Armée de l’Est est donc obérée par de considérables problèmes de ravitaillement, en vivres notamment.

Mais la Province apprend que les Allemands ont commencé à bombarder Paris. Une nouvelle tentative pour rompre l’encerclement de Paris est décidée. Ce sera la nouvelle mission de l’Armée de l’Est. Le général Bourbaki reçoit instructions de se porter au secours de Belfort assiégée et puis de remonter vers le nord afin de couper les communications arrière des Allemands qui investissent Paris.

 

Le 6 janvier, le Régiment Etranger quitte Vierzon pour Bourges.

 

Le 7 janvier, le Régiment Etranger est rassemblé à Bourges. Le 1er bataillon et la moitié du 2e bataillon partent par le premier train. La deuxième moitié du 2e bataillon et le 5e bataillon partent par le deuxième train. Les deux portions du Régiment ne se revoient plus que le 16 janvier au soir devant Montbéliard.

 

Du 8 au 12 janvier, la première moitié du Régiment étranger est immobilisée en gare de Dijon, sur la voie. La deuxième moitié reste également plusieurs en gare de Chagny, Le séjour est employé à des exercices et à des travaux de propreté sur la voie. Rude épreuve, dans des wagons à bestiaux, par une température nocturne de – 15°.

Nuit du 8 au 9 janvier : à 1H du matin les Allemands surprennent l'importante garnison de Danjoutin (poste avancé Belfort). Les Français perdent la localité et 800 prisonniers. Pour retarder au maximum Bourbaki, le général von Werder décide de l'attaquer à Villersexel.

Le 9 janvier, les Allemands attaquent cette bourgade aux mains des Français. En passant par une passerelle que les Français ont oublié de défendre, les Allemands s'emparent de la ville à 13 heures.  A 17 heures, après de violents combats, les troupes françaises reprennent Villersexel et ce n'est que vers 2 heures du matin que, sous le commandement de l'intuitif général von Werder, les Prussiens se retirent de Villersexel (car pour von Werder, cette ville n'a rien de stratégique). Le général von Werder a été battu mais il a gagné du temps et peut s'attacher à sauver le siège de Belfort. Les Prussiens migrent en direction de Montbéliard. 

Contrairement à ce qu'il aurait été souhaitable de faire, le général Bourbaki ne poursuit pas le général Werder et prend son temps avant de tenter de rejoindre Belfort. Il manque d'informations et maintient à Villersexel son 18ème corps jusqu'au 14 au matin. Il croit que Vesoul est toujours occupé. Le général Bourbaki demande à ce que la division Crémer le rejoigne. Celle-ci fera un trajet très rapide malgré la neige et le froid. Partant de Dijon le 8, elle sera à Vesoul le 13 et Lure le 14 (140 Km à pied en 7 jours).

Le 11 janvier, mettant ainsi à profit cette inaction, les troupes prussiennes prennent pied sur la rive gauche de la Lizaine, petite rivière qui se jette à Montbéliard dans l'Allan. Cette rivière, bien que peu importante, forme un obstacle naturel avec au sud, Montbéliard-Héricourt, et au nord, Frahier. De plus, le remblai de la ligne de chemin de fer qui suit la Lizaine (de Montbéliard à Héricourt) offre un abri inopiné pour les Prussiens. Les troupes prussiennes rejoignent ainsi les contingents qui occupent déjà tout le Pays. Le général von Werder suppute (à raison) le plan du général Bourbaki qui est de se diriger sur Belfort afin de reprendre la ville et délivrer la garnison française.

Les 12, 13 et 14 janvier, le général von Werder peut grâce à cette avance fortifier sa position.  Tout le temps perdu par le général Bourbaki lui permet de prévenir la manœuvre française en organisant des lignes de défense à l’ouest de Belfort et même de commencer un mouvement enveloppant l’Armée de l’Est. Les Prussiens profitent de ces jours de répit pour placer des soldats tout le long de la Lizaine. Des bouches à feu sont installées sur les hauteurs : à Chalonvillars (pour défendre Chenebier et Frahier), au Mont-Vaudois (pour tenir Héricourt) et, à Montbéliard (aux mains des Prussiens depuis novembre 1870), au niveau des Grands-Bois et sur ce qu’on appellera plus tard les Batteries du Parc. Les soldats allemands profitent de la valeur défensive de la Lizaine dont la largeur oscille entre 6 et 8 mètres et la profondeur près d’un mètre. Ils font sauter la plupart des ponts, bourrent d’explosifs les autres, aménagent les routes pour faire passer le ravitaillement. La ligne établie par les Allemands consiste désormais en une série de coteaux fortifiés s’étendant de Montbéliard à Chenebier et Frahier en Haute-Saône, en passant par Héricourt, front de 20 kilomètres puissamment défendu par 132 canons de campagne, 34 pièces de siège et par 45 000 hommes en tenant compte des renforts prussiens du VIIe Corps arrivés sur le front. Les Français, de leur côté, sont sur un terrain boisé difficile.

Le 13 janvier, la première moitié du Régiment Etranger s’éloigne enfin de Dijon pour Clerval via Besançon, pour la région de Belfort. Les légionnaires sont enfin débarqués à Clerval vers 16 heures. Ils organisent un campement dans une neige éclatante à gauche du chemin de fer.

Le 13 janvier, l'armée du général Bourbaki redémarre. Le climat en ce début de bataille est extrêmement rigoureux. Il neige, et il a neigé abondamment durant les jours précédents ; la température nocturne atteint −20 °C. Alors que les Prussiens ont trouvé des abris par réquisitions, les troupes françaises bivouaquent dans les bois et dans les chemins creux.

Le 14 janvier, les premiers contingents français parviennent dans la région d'Arcey (10 km au nord-ouest de Montbéliard). Après quelques escarmouches avec des postes avancés prussiens, l'Armée de l'Est parvient sur les hauteurs de Montbéliard. Le plan de Bourbaki consiste en une attaque frontale déployée sur 19 km.

Le 14 janvier, le 18ème corps le plus éloigné des combats repart avec 24 heures de retard.

Le 14 janvier, le 15ème corps, avec ses légionnaires, ne repart qu’après avoir attendu son débarquement complet en gare de Clerval. Débarqués à Clerval, à une vingtaine de kilomètres de Montbéliard, les légionnaires du Régiment Etranger sont aussitôt engagés dans une marche de 12 lieues, de Clerval à Sainte-Marie. Le Régiment bivouaque dans une forêt à droite du village. Les légionnaires subissent de grandes souffrances ; beaucoup de pieds sont gelés ; les légionnaires n’ont que du pain gelé et du lard rance ; il n’y a plus de café et de sucre depuis deux jours. Plus de prêt depuis Vierzon. Les commandant de compagnie avancent le prêt car la caisse se trouve avec la deuxième portion du Régiment ; de plus, à Dijon, l’intendance refuse de donner de l’argent car le Régiment étranger n’est pas une unité de l’Armée des Vosges.

 

Le 15 janvier, le Régiment étranger, avec son inséparable 39e de ligne, est chargé d’emporter les hauteurs de Sainte-Suzanne, à deux kilomètres à l’ouest de Montbéliard. A 10 heures du matin, il attaque le village de Dung, dans le Doubs, avant d’attaquer le plateau de Sainte-Suzanne. Malgré les difficultés du terrain et du temps, les légionnaires s’élancent à l’attaque. Ni le verglas, ni les tourbillons de neige, ni la densité de la fusillade allemande ne peuvent les arrêter. Au soir d’un terrible combat, ils atteignent et dépassent même leur objectif. Le Régiment perd les sous-lieutenants Latestère et Arnaud tués, le lieutenant Caumée, mortellement blessé (décédé le 18), le capitaine Cérésole et le sous-lieutenant Arvenod, blessés, prisonniers. Trois cents légionnaires sont mis hors combat. Mais les Allemands doivent abandonner Montbéliard. Les vainqueurs ont un ravitaillement assuré pour quelques jours. De ce succès, le général Peytavin, commandant une division voisine et observateur bien placé, déclarera ‘’La Légion a fait le travail d’une division’’.

Le Régiment Etranger sera cité pour ce combat sur le plateau de Sainte-Suzanne.

 

 

Le général von Werder a réparti ses forces disponibles (45 000 hommes) en 3 endroits.

  • Au Sud de Sochaux, à Croix, près de la frontière suisse.

  • An centre entre Chagey et Montbéliard, autour du mont Vaudois. Il y a massé plus de la moitié de ses effectifs avec les réserves nécessaires.

  • Au nord, avec Chenebier, Echevanne, et Frahier. 

La meilleure solution n'aurait-elle pas été pour le général Bourbaki d'attaquer au Nord, de s'approcher de Belfort, et prendre à revers les ennemis notamment les défenseurs de la Lizaine au centre. Au contraire le général Bourbaki va lancer 4 attaques contre le mur de la Lizaine. Mais c'est une armée épuisée et mal équipée qui arrive pour combattre sur le front de la Lizaine (on manque, par exemple, totalement de fers à glace pour les chevaux). Le général Bourbaki envisage de dégager Belfort en l’abordant par le nord-ouest et l’ouest, avec le Régiment étranger au point charnière de l’opération. Mais les Français n’ont plus la supériorité numérique. Les batteries prussiennes surclassent l’artillerie française. La Lizaine, en crue et aux eaux glacées, oppose un fossé difficilement franchissable.

Les 15, 16 et 17 janvier, la bataille d’Héricourt sur la Lizaine dure 3 jours. L’Armée de l’Est, sans abri, avec un froid intense et de la neige, souffre énormément. Il y a d'un côté 100 000 Français de l'Armée de l'Est et de l'autre 45 000 Allemands, bien retranchés, commandés par le général von Werder. La division Crémer et le 18ème corps, chargés de tourner la droite allemande, au nord, ne remplissent pas leur mission. L'attaque de front ne réussit pas mieux. Le petit village de Bethoncourt, au nord-est de Montbéliard, connait un douloureux combat durant lequel succombent des bataillons de Savoyards et de Zouaves. Mais les luttes les plus sanglantes se déroulent devant Héricourt et Chagey.

Dans cette tentative de percée vers Belfort, Le Régiment étranger doit quitter Montbéliard et se retrouve sur le plateau de Sainte-Suzanne. Le Régiment étranger se voit confier la mission de conserver ce plateau. A l’occasion, il lance une attaque coûteuse pour enlever une grosse batterie prussienne prenant de flanc la progression française. Là encore, un cours d’eau infranchissable bloque l’élan des légionnaires.

Pendant trois jours, les combats sur la ligne de la Lizaine connaissent des affrontements acharnés ; les troupes sont délabrées. Le général Bourbaki ordonne la retraite sur Besançon par les deux rives du Doubs. Pourtant le lundi 16 au matin une partie des troupes (les divisions Crémer et du Penhoat) convergent sur Chenebier en partant d'Etobon ou des bois du Sud.  L'ennemi recule au-delà de Frahier. L’Armée de l’Est ne continue pas, car la nuit arrive. Les généraux Crémer et du Penhoat reviennent sur leurs pas. 

Des combats d’Arcey-Sainte-Marie-Bart (à l'ouest près de Montbéliard) se déroulent entre les 15ème et 24ème Corps d’armée français et des arrière-gardes de la 4e division allemande de réserve, du colonel von Loos. 

La victoire du Régiment Etranger à Sainte-Suzanne reste donc sans lendemain car les opérations menées par le général Bourbaki, qui ne reçoit plus de munitions, sont aussi désastreuses que celles de l’Armée de la Loire. Les Prussiens se maintiennent sur Héricourt et le général Bourbaki doit commencer à reculer sur Besançon. Son armée se désagrège.

 

Le 18 janvier, aucune percée décisive n’ayant été marquée, le général Bourbaki décide de suspendre les combats et d’opérer la retraite de ses troupes en direction du sud, vers Besançon. La délivrance de Belfort a donc échoué. Mais prise en tenaille par une nouvelle armée (général Manteuffel), l’Armée de l’Est est contrainte de dévier sa marche en direction de Pontarlier. L’Armée de l'Est doit combattre à Clairegoutte-Montbéliard les divisions lancées en reconnaissances par le général von Werder.  Les arrière-gardes des généraux Crémer et Billot doivent combattre, à Villers-la-Ville-Petit-Magny-Marat-Esprels (autour de Villersexel), des fractions du XIV corps du général von Schmeling. Cette retraite sur le plateau du Haut-Doubs, dans le froid sévère et la neige, est extrêmement dure. Les soldats, affamés, épuisés, décimés par le froid, ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Acculée à la frontière suisse, l’Armée de l’Est est prise au piège. Le général Bourbaki tente alors de se suicider. Il laisse le commandement de l’Armée au général Clinchant, son principal adjoint. Ce dernier négocie avec le général suisse Hans Herzog l’internement de l’Armée de l’Est en Suisse, après son désarmement au passage de la frontière.

 

19 janvier : Belfort n’est pas secouru. Montbéliard doit être abandonnée. L’Armée de l’Est amorce son repli vers le Sud. Sur ordre de repli général, l’abandon du plateau de Sainte-Suzanne coûte cher. La compagnie de grande garde, la 7e compagnie du 5e bataillon est encerclée ; la Légion Etrangère perd à Lizaine l’officier payeur, le capitaine Tricot.

 

20 au 21 janvier pendant la nuit :  des combats se déroulent à Pérouse. Il s'agit de la répétition de l'opération du 8 au 9 janvier faite à Danjoutin. Succès analogue pour les Allemands.

21 janvier : Les Allemands s’emparent de Dole et d'un convoi administratif de 230 wagons chargés, qui étaient destinés à l'armée de Bourbaki.  

22 et 23 janvier : l'Armée de l'Est atteint Besançon et s'arrête autour de la ville, à cheval sur le Doubs, pendant que le général Manteuffel en prépare l’enveloppement.

23 janvier : des fractions du 15ème corps combattent à Quingey (au sud de Besançon) les avant-gardes de la 13e division allemande ; des détachements de corps francs et des mobiles de Langres se heurtent à Vesoul à une brigade de cavalerie badoise ; des attardés du 18éme corps sont accrochés dans une escarmouche à Montbozon (entre Baume les Dames et Vesoul) par les têtes de colonne du XIVème corps allemand ; les arrières gardes du 15ème corps doivent combattre à Baume-les-Dames une brigade mixte allemande du général von der Goltz.

24 au 25 janvier : les troupes débandées du 24ème corps sont accrochées à Blamont-Clerval dans le massif du Lomont par un détachement allemand.

25 janvier : des fractions du 15ème corps français livrent un combat à Vorges et Busy, sur la route de Quingey à Besançon, une brigade allemande du VIIe corps. Le Régiment étranger soutient laretraite et se dirige vrs Besançon dont il organise la défense.

25 janvier : les troupes débandées du 24ème corps français doivent livrer combat au sud de Baume-les-Dames à la 4e division de réserve du général von Schmeling.

26 janvier : une suspension d'armes, applicable à Paris seulement, est décidée en attendant le résultat des négociations. A la fin de la campagne, alors que le gros de l’Armée de l’Est s’oriente vers l’est et Pontarlier, la 2e division pique plein sud vers Baume-les-Dames, afin de participer à la défense de Besançon. Le Régiment étranger, avec le 39e de Ligne, participe à la défense de Besançon. L'Armée de l'Est quitte Besançon où elle est restée immobilisée trois jours et marche vers Pontarlier. Il est trop tard. Le général Clinchant prend le commandement en chef de l'Armée de l'Est. Il tente d'accélérer le mouvement de retrait sur Pontarlier dans l'espoir que les colonnes pourront encore se glisser, entre la frontière Suisse et le général Manteuffel, pour atteindre la haute vallée du Rhône. Le général Clinchant résiste devant les Prussiens mais il se jette avec ses troupes en Suisse.

Néanmoins, de durs combats ont lieu au défilé de la Cluse (au sud de Pontarlier) où des troupes françaises se font massacrer courageusement pour sauver le gros de l’armée. D’autres généraux dont Camille Crémer et Pallu de la Barrière ainsi que l'amiral Penhoat réussissent à passer le Massif du Jura enneigé avec plusieurs milliers d’hommes et à rejoindre Lyon par Gex

26 au 27 janvier : les arrière-gardes du 15ème corps français doivent combattre la 3e division allemande à Salins les Bains.

26 au 27 janvier : pendant la nuit, le général Tchesckow tente un assaut prématuré contre les redoutes des basses et hautes Perches vers Belfort. Ses troupes sont repoussées avec une perte de 500 tués, blessés ou prisonniers.

28 janvier : un armistice général de 21 jours est signé avec la capitulation de Paris. Cet armistice n'est valable pour les départements qu'à compter du 31 janvier. Il n'est pas applicable dans la région de l'Est. Jules Favre omet de mentionner ces deux restrictions lors de la communication téléphonique qu'il fait à la délégation de Bordeaux.

Le Régiment étranger se trouve devant Besançon, toujours avec le 39e de ligne.

29 janvier :  une division du 20ème corps se débande et se laisse capturer (1500 prisonniers) à Chaffois, à l’ouest de Pontarlier, par la 13e division allemande. Pendant un moment les combats cessent car les belligérants croient à l’armistice. Un bataillon et un peloton hanovrien de la 14e division allemande surprennent le cantonnement de Sombacour, au nord-ouest de Pontarlier, de la 1ère division du 15ème corps, à la tombée de la nuit et capturent 3000 hommes dont 42 officiers avec les généraux Dastugue et Minot. Au niveau matériel, ils saisirent 7 mitrailleuses, 11 canons et 200 chevaux.

30 janvier : les fractions débandées du 24ème corps se laissent enlever sans combat, à Frasnes, au sud-ouest de Pontarlier, (d'où 1200 prisonniers), par la 4e division d'infanterie allemande.

31 janvier : les débandés du 24ème corps sont cueillis à Vaux, au sud-ouest de Pontarlier, par la 3e division allemande. Les Allemands n'ont plus guère qu'à ramasser les prisonniers.

 

À partir du 1er février, 87 000 hommes commencent à passer la frontière, principalement aux Verrières-de-Joux (petit village au sud-ouest de Pontarlier). 12 000 malades ou blessés sont soignés pendant deux mois avant leur retour progressif en France du13 mars à juin 1871.

11 800 chevaux, 285 canons, 64 000 fusils, 60 000 sabres… sont vendus et plusieurs milliards de francs sont versés à la Suisse à titre de dédommagement. L’Armée de l’Est s’est évaporée.

 

18 févier 1871 : sur un ordre du gouvernement de la Défense nationale, présidé par Louis Adolphe Thiers, le colonel Denfert-Rochereau accepte de quitter librement et invaincu Belfort avec ses troupes et ses armes évitant ainsi l'humiliation d'une défaite[. Belfort a résiste héroïquement aux assauts des Prussiens depuis le 14 novembre 1870.

 

Pendant la Guerre 1870-1871, la Légion Etrangère perd un tiers de ses effectifs engagés : 14 officiers, 52 sous-officiers et 864 légionnaires, soit le tiers des effectifs engagés.

Le Régiment Etranger conserve son aigle. Il n’a pas un seul homme interné en Suisse. Il quittera Besançon quand il reçoit l’ordre de marcher sur Versailles.

 

10 mai 1871, le traité de paix est signé à Francfort avec les conséquences que l'on sait : la perte du Bas-Rhin, du Haut-Rhin (sauf Belfort), de la Moselle et deux cantons des Vosges. Il faut y ajouter une dette de cinq milliards de francs et l'occupation de plusieurs départements français de Nord-est, jusqu'au complet paiement de cette dette.

 

Cette guerre 1870-1871 s’est déroulée dans des conditions catastrophiques pour les Français, avec de nombreuses batailles perdues sévèrement, de nombreux échecs cuisants.

Pendant les années qui vont suivre, la France va analyser les raisons de cette lourde défaite :

  • Effort de réflexion de l’Etat-major,

  • Création de l’Ecole de Guerre,

  • Préparation de la génération suivante par le raisonnement et une méthode d’études tactiques.

Jean Balazuc P.P.P.P.

 

Sources principales :

Pieds-Noirs d’Hier et d’Aujourd’hui.

Spectacle du Monde : Legio Patria Nostra - N° de Septembre 2012.

La Légion Etrangère – Voyage à l’intérieur d’un corps d’élite – John Robert Young et Erwan Bergot – Editions Robert Laffont – 1984.

Le 1er Etranger – Philippe Cart et Tanneur Tibor Szecsko – Branding Iron Production – 1986.

Histoire de la Légion de 1831 à nos jours – capitaine Pierre Montagnon – Pygmalion – 1999.

Histoire de la Légion Etrangère 1831-1981 – Georges Blond – Plon – 1981.

Site du Mémorial de Puyloubier.

Site de l’aaleme.

Site du Souvenir Français du Doubs.

Wikipédia

 

Autres livres conseillés.

Histoire de la Guerre 1870-71 de Lagueronnière et Nogent – Editions Colle-Louis 1871.

Campagne de 1870-1871 de W. Blum – Editions Dumaine – Paris 1872.

Les sièges de Paris et Belfort en 1870-71 du comte Geldern – Editions Dejey – Paris 1873.

Gambetta et ses armées du baron Colmar von der Goltz – Librairie Sandoz et Fishbacher – 1877

La guerre de 1870-1871 du général Zurlinden – Hachette – 1904.

Histoire de l’invasion allemande en 1870-1871 du général F. Canonge – Perrin 1915.

 

 

Billot Jean-Baptiste, saint-cyrien de la promotion "de la République", 1847-1849, il intègre à sa sortie en 1849 le corps d'état-major avec le grade de sous-lieutenant. C'est un officier de convictions républicaines, qui vote non au plébiscite de 1851 accordant les pleins pouvoirs à Louis-Napoléon Bonaparte. Il poursuit néanmoins une brillante carrière sous l'empire, promu lieutenant en 1852, puis capitaine en 1854. Il reçoit la légion d'honneur en 1859.Il participe à l’expédition du Mexique (1861-1867) : commandant de l'État de Chihuahua puis de Querétaro avec le grade de chef d'escadrons (1863), il reçoit sept citations à l'ordre de l'armée et la croix d'officier de la légion d'honneur en 1867. Il refuse le poste de sous-secrétaire d'État à la guerre de l'empereur Maximilien. En 1869, Billot est nommé chef d'état-major de la province de Constantine, en Algérie, avec le grade de lieutenant-colonel. Il participe à la guerre franco-prussienne de 1870, d'abord comme chef d'état-major du général Jules de Laveaucoupet, commandant de la 3e D.I. du 2ème corps du général Frossard.

 

 

Billot participe aux batailles de Sarrebruck, Forbach où il est cité à l'ordre de l'armée, Borny et Noiseville. Il arrive à s'échapper après la prise de Metz et se met au service du nouveau gouvernement. Il est promu colonel, puis général de brigade et général de division à titre provisoire. Chef d'état-major puis commandant du 18ème Corps d'armée, Billot est battu à Beaune-la-Rolande le 28 novembre 1870. Confirmé comme général de brigade à titre permanent, il participe à la bataille de Villersexel en janvier 1871. En 1871, Billot est élu député de la Corrèze avant de représenter ce département comme sénateur inamovible à partir de 1875. Il siège dans les rangs des républicains (centre-gauche). Promu général de division en 1878, il reçoit le commandement de la 1re division d'infanterie en 1879, puis celui du 15e corps d'armée, à la tête duquel il organise les embarquements pour l'expédition de Tunisie de 1880 à 1881. En 1882 il est ministre de la Guerre dans le gouvernement Freycinet. Il alterne dès lors commandements militaires et postes politiques : vice-président du Conseil supérieur de la Caisse des offrandes nationales et membre du Conseil supérieur de la guerre de 1883 à 1896, commandant le 1er corps d'armée de 1884 à 1888, puis Ministre de la guerre dans le gouvernement Méline de 1896 à 1898. Grand-croix de la Légion d'honneur en 1896 et médaillé militaire en 1897.

 

 

Bourbaki Charles Denis, né à Pau le 22 avril 1816. Il entre à Saint-Cyr et, en 1836, rejoint les zouaves puis, promu au grade de lieutenant, entre dans la Légion étrangère. Il assume également la charge d'aide de camp du roi Louis-Philippe Ier. Capitaine des zouaves en 1842 ; commandant de Tirailleurs en 1849, il participe à la prise de Zaâtcha ; lieutenant-colonel du Premier Zouaves en 1850, colonel des Turcos en 1851, et brigadier général en 1854, il commande une partie des troupes algériennes pendant la guerre de Crimée, et rend son nom célèbre à Alma, Inkerman et Sébastopol. En 1857, il est nommé général de division et commande à Lyon en 1859. Son succès dans la campagne d'Italie est dépassé par celui de Mac-Mahon, néanmoins il est proposé en 1862 comme candidat au trône vacant de Grèce, en raison de son ascendance grecque, mais il décline l'honneur. Il offre ses services à Léon Gambetta et reçoit le commandement de ce qui va devenir l'armée du Nord, mais il est destitué le 10 novembre 1870 et transféré à l'armée de la Loire pour former l'armée de l'Est destinée à secourir Belfort. Battu, obligé d’ordonner la retraite, son armée se réfugie en Suisse. Bourbaki lui-même, plutôt que de se soumettre à l'humiliation de la reddition, le 26 janvier 1871, délègue ses fonctions au général Clinchant puis, dans la nuit, se tire une balle dans la tête ; mais la balle, ayant dévié, ricoche contre son crâne et Bourbaki est miraculeusement sauf. Le général Clinchant le transporte en Suisse, où il retrouve assez de force pour retourner en France. En juillet 1871, Bourbaki devient gouverneur militaire de Lyon. En 1881, du fait de ses opinions politiques, il est placé dans la réserve. En 1885, sa candidature au Sénat est un échec. Mort à Bayonne le 22.09.1897.

 

Chanzy Alfred, né le 18.03.1823 à Nouart dans les Ardennes ; engagé à 16 ans ; saint-cyrien de la promotion 1841-1843 ; sous-lieutenant chez les Zouaves en 1843 ; lieutenant au 43e de Ligne en 1848 ; capitaine au 1er Etranger en 1851 ; glorieux et rigoureux ; ancien officier des Bureaux arabes ; chef de bataillon au 23e de Ligne en 1858 ; lieutenant-colonel au 71e de Ligne en 1860 ; colonel, chef de corps du 48e de Ligne en 1864 ; général de brigade commandant la subdivision de Sidi-Bel-Abbès en 1868 ; 16 ans dans l’Armée d’Afrique avec de nombreuses expéditions ; général de division, chef du 16e Corps d’armée de la première Armée de la Loire en octobre 1870 ; commandant en chef de la deuxième Armée de la Loire le 06.12.1870 ; Gouverneur Général civil de l’Algérie du 28.09.1873 au 17.02.1879 nommé par le Maréchal Marie Edme de Mac-Mahon, Président de la République ; il gouverne autoritairement, en conflit avec les préfets et les parlementaires. Il est nommé ambassadeur à Saint-Pétersbourg. Décédé le 05.01.1883 à Châlons-sur-Marne.

 

HISTOIRE : Janvier 1871 : les combats de l’Armée de l’Est (suite)

 

 

 

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