Il est curieux que la France ait toléré l’existence d’un corps plaçant la fidélité au dessus de celle qu’il devait au pays et dont la devise : « Legio Patria Nostra » est une déclaration de demi-allégeance.

Cet état de chose à cependant permis d’attirer des officiers et des hommes plus ou moins hostiles à la France républicaine.

Le général Rollet en développant voire en créant les traditions a provoqué l’isolement, le sentiment d’autosuffisance de la Légion pour glorification de ses mythes.

Ainsi, trop attaché à sa géographie morale, la Légion s’est faite prisonnière de ses propres contradictions et ne peut garder en mémoire que son rôle principal est de seulement mettre en œuvre la politique décidée par le gouvernement, sa mission fût-elle déplaisante elle reste toujours comme le dit si bien le légionnaire Flutsch (dont le livre était récemment offert au jeune officier affecté à la Légion) : le monastère des incroyants.

Ainsi « Legio Patria Nostra » justifierait-il la révolte d’Alger en 1962 ?

L’imagerie populaire de la Légion repose sur l’esprit de Camerone qui précise, exemple à l’appui, que le légionnaire reste toujours fidèle à la parole donnée et que de ce fait, la mission il l’accomplira jusqu’au bout faut-il pour y parvenir, mourir.

C’est cette maxime qui donne à notre Institution légionnaire un panache exceptionnel qui fut pris en considération au moment où son existence même était menacée.

Il est tellement vrai que si la Légion est parvenue à s’imposer française par le sang versé, sa force reste d’être attachée aux préjugés et à la vanité des Français par des liens très forts où se mélangent plusieurs sentiments : de la fierté au mythe, en passant par l’admiration, l’inquiétude et la conviction d’exposer aux yeux du monde l’exemple indiscutable d’une intégration réussie d’étrangers au pays des droits de l’homme et du devoir du citoyen. 

Camerone, la main du capitaine Danjou représentation fétiche de la parole donnée, devant un tel symbole, la Légion ne peut que perdurer avec un état d’esprit depuis longtemps disparus des armées des nations. La Légion est bien vivante et a de l’allure. Le musée des gloires passées où dans sa crypte repose la main articulée du capitaine Danjou incarne un besoin essentiel de l’âme légionnaire : « celui de pouvoir recommencer une vie brisée où est possible une forme de rédemption par le danger et la souffrance ».

La Légion, n’en doutons pas, aura un avenir aussi brillant que celui de son passé. Mais elle ne sera jamais une arme incontrôlable.

Ce 14 juillet 2025, moments précieux du contact avec les Français sur les champs Elysées et dans le monde entier,  nous serons en communion de pensée avec nos camarades légionnaires et anciens légionnaires et nous aurons une pensée respectueuse pour nos morts, nos aînés qui ont fait ce que nous sommes…

Commandant (er) Christian Morisot.