1970 : Canjuers

Canjuers insigne

Inauguration du plus grand camp militaire d’Europe présidée par le ministre de la Défense Michel Debré.

Sergent-rédacteur à « Képi Blanc », je suis chargé de la couverture de l’évènement. Hébergé à la Compagnie de Travaux commandée par le capitaine Fulvio Cattaneo,  Le colonel Marcel Letestu avait fait, pour l’occasion, le déplacement d’Aubagne. Pour les reportages effectués au nom du journal légionnaire, je souhaitais porter le « Képi Blanc » afin que l’on puisse identifier ceux que je représentais…

C’est ainsi que je découvrais ce nouveau « terrain militaire » en le survolant en hélicoptère et de participer à une grande conférence de Presse effectuée par le Ministre, de quoi me permettre un très intéressant  reportage du meilleur effet. Je me sentais presque journaliste et je ne manquais pas de prendre de nombreuses photos avec mon « Rolley-Flex » qui me suivait partout. Quant à l’article proprement dit, celui-ci ne pouvait que satisfaire nos lecteurs puisqu’il confirmait la présence de nos légionnaires-bâtisseurs qui avaient pour principale mission l’entretien et la réalisation d’immenses chantiers pour rendre, dans un avenir immédiat, ce camp opérationnel…

1981 : Canjuers

Quelques 11 ans, plus tard, je rentre du 5ème RMP, affecté à la CRTRLE comme lieutenant. Je ne reconnais plus l’endroit. Je prends le commandement d’une très importante « Section équipement », celle qui posait l’enrobé avec la mission principale de la réalisation des routes et des parkings-bivouacs du camp. Vaste programme marqué par un travail étouffant et épuisant, exécuté dans une odeur envahissante d’un produit noir issu du pétrole qui ne nous quittait plus. Ainsi, même après notre service légionnaire, nous affichions sans complexe un fumet très personnalisé et persistant. La journée commençait au tout petit matin de très bonne heure avec la chauffe de la « Centrale » suivie de la pose du tapis d’enrobé qui ne s’arrêtait plus de se dérouler jusqu’au moins 19 heures en soirée, sans aucune interruption. De quoi entendre dire l’adjudant-chef Fayol du 2ème REP venu nous visiter sur le chantier : « C’est de l’esclavage ». La campagne était longue de 8 mois dans l’année.

Nous avions en commun avec toute entreprise active le grand malheur de subir des décès de quelques légionnaires en service commandé. Ils étaient alors inhumés au cimetière de Montferrat, ville en contre-bas de Canjuers qui avait la responsabilité administrative du camp. Nos légionnaires appartenaient au 1er Etranger d’Aubagne.

Canjuers CRTRLE 1

1984 : Canjuers

 Je quitte la CRTRLE pour prendre le commandement de la CCS du 3ème REI.

Beaucoup d’eaux ont coulé depuis sous les ponts et ce n’est rien de le dire compte tenu des nombreuses inondations qui dévastèrent la région… Le 2 novembre 2004, directeur de la Maison du légionnaire à Auriol, je décide de venir à Montferrat pour rendre hommage aux légionnaires et Anciens enterrés au cimetière de la ville. Je découvre l’abandon des tombes, la honte fait rapidement place à une sourde colère et je propose au Maire de la ville, présent à la cérémonie, de mettre en place un mausolée, visible dès l’entrée, plus conforme à notre sens du « devoir de mémoire », cette construction traditionnelle devrait permettre de regrouper les tombes des légionnaires et des Anciens.

Canjuers CRTRLE 2

 Le mausolée fut construit, le FELE participa aux frais engagés.

La section « Haut-Var » de l’Amicale de Toulon avait la charge de son entretien, jusqu’à ce que sa mise en sommeil fût prononcée.

Je viens de lire, avec beaucoup d’attention que renaissait de ses cendres l’Amicale de Brignoles après 3 ans de sommeil. L’espoir fait vivre, c’est une très bonne nouvelle et un grand merci au major (er) Pierre Jorand pour son implication dans une aventure a rebondissement nul doute qu’en fonction des circonstances imposées par nos vieillissement qu’obligatoirement la mémoire est oublieuse… Ainsi va le monde !

Rendez-vous sur objectif à la Toussaint de cette année !

More Majorum !

Commandant (er) Christian Morisot

PS : Cet article est l’occasion de saluer le caporal-chef (er) Antunes, un de mes équipiers de la PM à Djibouti en 1977, qui habitait  Montferrat en s’impliquant « ramasseur de bois », reconverti en bucheron professionnel qui s’est chargé de l’entretien du cimetière pendant plusieurs années.