Combien d’fois a- t-on parcouru - cette petite piste.

Traversant la lande herbue - lorsque le jour se lève.

En écoutant le rythme - de la chanson intime

Refrain

O porteur et Askari Aillo, Aillo Ay safari

Nombre d’entre nous avons appris ce chant, qui fait partie du répertoire des chants de la 13ème Demi-Brigade de Légion Étrangère. Il s’agit d’un chant allemand, dont le texte a été écrit en 1916 par Hans Anton ASCHENBORN (1888/1931) un peintre animalier renommé de la faune africaine, ayant vécu en Afrique Australe, mais aussi en Allemagne.

Rien d’étonnant à ce que l’on nous parle de piste, de porteur, d’askari et de safari. Le terme askari désigne les soldats locaux d’Afrique dans les langues arabe, turque, perse, somali et swahili. Dans cette dernière langue, le terme safari, désigne un long voyage sur des pistes (negerpfad - chemin de nègres) à travers des étendues diverses.

Quant au terme safari il signifie voyage ou excursion en langue swahili. Pourquoi ces soldats africains ont –ils été mis à l’honneur dans ce chant ?

La musique a été composée par Robert GÖTZ (1892/1978) en 1921.
L’intéressé était un musicien réputé, pour son travail sur les chants folkloriques allemands.

Durant la guerre de 1914/1918, l’Europe n’a pas été le seul continent impacté par le conflit mondial. Les ‘colonies’ des pays belligérants ont été automatiquement concernées, notamment l’empire allemand en TANZANIE, qui a dû recruter des soldats pour faire face aux ‘agressions’ des autres colonies africaines appartenant à la Belgique, au Portugal et aux britanniques.

C’est ainsi que les allemands avec leurs 11 000 askaris, leurs porteurs, et leurs officiers européens commandés par Paul Emile von LETTOW-VORBECK, ont tenu en échec la coalition des trois pays précités, cela jusqu’en 1918, avec une guérilla bien menée. Il faut souligner, que le recrutement était sévère ,la discipline…allemande, et la solde tout à fait correcte.

On peut comprendre que, face au désastre allemand en Europe, la résistance victorieuse en Afrique orientale ait été exaltée. Robert GOTZ, le compositeur, était membre, depuis 1905, d’un groupe qui portait le nom ‘d’oiseaux migrateurs’ (VANDERVOGEL).

Au fil des ans, le mouvement prit une très grande ampleur, car il prônait une vie loin du monde urbain et industriel de l’Allemagne Wilhelmienne, en favorisant la randonnée, la musique, le chant et le folklore oubliés cela loin du monde des adultes.

Le mouvement perdura jusqu’à l’arrivée des nazis, en 1933, qui trouvèrent bon de mettre la main sur cette jeunesse, aimant tant la randonnée et à qui ils offrir, quelques années plus tard, un voyage à pied jusqu’à Moscou !

Toute cette jeunesse fut intégrée aux Jeunesses Hitlériennes et cela à partir de l’âge de 8 ans. Adhésion obligatoire bien entendu ! GOTZ du adhérer au NSDAP pour pouvoir continuer son travail et surtout pour échapper à l’encadrement, qu’il jugeait inhumain, pratiqué au sein des JH !

Vous avez noté le nom du mouvement ‘Oiseaux Migrateurs’.

En 1916 Robert GOTZ met en musique un poème intitulé «Wildgänse rauschen durch die Nacht » de Walter FLEX (1887/1917), un écrivain et poète allemand qui avait composé ce poème, dans sa tranchée, en 1915.

Walter FLEX était lui aussi membre de VANDERVOGEL. Au fait savez-vous que ce chant, très populaire en Allemagne, est connu à la Légion Etrangère ?

C’est le tout premier que j’ai appris à l’instruction à Bonifacio. Il se nomme ‘Wilganse rauschen durch die nacht’…

Nous le connaissons sous le titre : Les Oies Sauvages !

Jean Pierre ROBERT

A.A.L.E. Franche Comté