S’ENGAGER
Le XIe Régiment Étranger d’Infanterie
Campagne de France - Novembre 1939 - Juin 1940
Lorsqu’on évoque le rôle de la Légion étrangère durant la Seconde Guerre mondiale, les esprits s’envolent instinctivement vers l’épopée de la 13e demi-brigade de Légion étrangère, les combats du 6e régiment étranger d’infanterie en Syrie, ceux d’Afrique du Nord ou encore ceux de la Libération par le régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE) et le 1er régiment étranger de cavalerie. On se souvient aussi des actions du 4e Étranger en Tunisie et, en Extrême-Orient, de celles du 5e régiment étranger d’infanterie. Pourtant, on oublie souvent les régiments étrangers qui se sont sacrifiés dans la pure tradition de la Légion étrangère pendant la campagne de France.
Pourtant, le 97e groupe de reconnaissance divisionnaire (GRD 97), qui a perdu son chef au combat, les 21e et 22e régiments de marche de volontaires étrangers (RMVE), ainsi que les 11e et 12e régiments étrangers d’infanterie, se sont battus avec bravoure jusqu’à l’armistice. Restés soudés dans un combat retardateur jusqu’au 22 juin, ils se sont couverts de gloire, comme en témoigne la citation à l’ordre de l’armée attribuée au XIe Étranger par le général Hutzinger :
Le 22 juin, bien qu’ayant perdu les trois quarts de son effectif, le régiment formait encore une unité cohérente et prête au combat. En effet, à la fin de la campagne de France, seuls 600 hommes sur les 3 000 que comptait le XIe Étranger étaient encore aptes à mener la dernière charge, baïonnette au canon.
L’éphémère épopée du XIe Étranger est digne des plus belles pages de la geste légionnaire. Créé dans l’urgence en novembre 1939 avec des légionnaires d’Afrique du Nord, d’anciens légionnaires, des réservistes et des engagés volontaires pour la durée de la guerre, il fut placé sous le commandement du colonel Maire, un chef charismatique. Ancien chef de bataillon au RMLE durant la Grande Guerre et chef de corps du 1er Étranger pendant l’entre-deux-guerres, le colonel Maire était sorti de sa retraite pour insuffler un esprit de corps et un esprit Légion à cette unité composée de combattants aux horizons si différents.
… (extrait de la préface du général Cyrille Youchtchenko commandant la Légion étrangère)

