LE COMMANDANT
Mot peu ancien, puisqu'il a succédé aux mots amiral, coman, commandere, commandeur, guiere. Il dérive du latin, ainsi que le substantif commandement et le verbe commander, etc. ; mais il en dérive d'une manière indirecte, parce que dans cette langue, commander n'a jamais signifié être à la tête d'une troupe.
Dans le Moyen Âge, le commandere était un officier chargé d'un mandat (mandatum), qu'on a ensuite nommé lettres, provisions, recommandation (commendatio), d'où est venu le mot commandement, signifiant droit ou grade résultant du mandat, de la recommandation.
C'est à cette origine détournée qu'il faut attribuer l'acception vague de l'expression commandant. Ainsi, dans l'armée française, un chef, un chef de bataillon, un chef de corps, un chef de division, un colonel, un connétable, un capitaine d'infanterie française de ligne sont également des commandants, parce qu'ils ont mandat.
La langue militaire aurait dû cependant éviter ces inutiles similitudes, et il conviendrait d'affecter plutôt le mot chef comme indiquant un pouvoir sur des militaires, indépendamment du lieu de leur résidence ; de même qu'il eût mieux valu affecter le mot commandant comme exprimant le commandement d'un lieu et par conséquent celui des militaires qui, momentanément, y stationnent. Celte différence eût résulté de ce que c'est vraiment le commandant d'un lieu qui a un mandat écrit, tandis qu'un commandant d'hommes n'a souvent qu'un ordre verbal.
Le mot commandant s'est distingué au fil du temps ou se distingue encore de nos jours en une cinquantaine de fonctions dépendantes du grade et de l’espace sur lequel se commandement s’applique.
Au XVIIIe et XIXe siècle les principales étaient les suivantes :
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Quelques exemples :
Commandant territorial de place amovible :
Sorte de commandants de place institués, lors de la suppression des gouverneurs, par la loi du 10 juillet (1791), confirmés par la loi de 1792 (12 mai) et par le décret de l'an deux (15 nivose), et employés sous cette désignation dans les places de guerre ou dans les garnisons de l'intérieur. Le droit d'être commandant amovible était dévolu à l'officier le plus ancien dans le grade le plus élevé, sans distinction d'armes. Ces officiers ont été remplacés par les commandants temporaires en l'an trois (50 messidor).
Commandant d’armes.
Sorte de commandants de place dont la dénomination était inexacte et bizarre, comme tant d'autres mots de notre langue militaire, puisque ces officiers étaient au contraire commandants de lieux, c'est-à-dire a poste fixe, qu'il y eut ou non une garnison.
Les commandants d'armes ont succédé en l'an huit (1er novembre 1796) aux commandants temporaires, et ils ont continué à être reconnus sous ce même titre par les décrets de 1810 et 1811, relatifs à la composition des états-majors ; ces décrets leur donnaient la ceinture écarlate a franges d'or.
La dénomination de commandant d'armes a été remplacée par la qualification encore moins plausible de lieutenant de roi et de commandants de poste.
De nos jours cette fonction existe de nouveau et est bien attachée à une délimitation géographique.
Commandant de bataillon.
Sorte de commandants régimentaires qu'il ne faut pas confondre avec les chefs de bataillon, quoique souvent ces deux grades aient été pris l'un pour l'autre.
Ainsi, en vertu des ordonnances de 1677 (5 juillet et 17 sept.), le premier capitaine, ou celui qui était le plus ancien, prenait, avec le titre de commandant de bataillon, une sorte d'avancement sans grade, et commandait le bataillon en l'absence du lieutenant- colonel.
Suivant les lois de la composition de cette époque, les commandants de bataillon étaient ce qu'ont été ensuite les capitaines de première classe ; reconnus par l'ordonnance de 1734 (10 déc.), ils furent reformés par l'ordonnance de 1762 (10 déc.), rétablis par Dumuy, sous le nom de chefs de bataillon avec épaulettes de deux métaux, en vertu de l‘ordonnance de 1775 (26 avril), et supprimés de nouveau par Saint-Germain, en vertu de l'ordonnance de 1776 (25 mars). Ségur, en 1783, eut l'intention de les créer à grade fixe ; les comités des inspecteurs furent d'un avis diffèrent, et le mot commandant de bataillon a continué d'exprimer un officier qui, sans être par son grade chef de bataillon, commanderait momentanément le bataillon.
En prenant le mot dans ce sens, on a vu les capitaines de grenadiers, à raison de ce rang, être tour à tour ou susceptibles d'être commandants de bataillon ou inhabiles à le devenir.
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La création des chefs de bataillon, qui a eu lieu en 1793, a fixé la règle.
Pour résumer, le titre, sinon le grade, apparaît avec la création de l’unité dont il porte le nom dans l’infanterie : le bataillon (devenu permanent vers 1690). D’abord un simple commandant du bataillon, ses droits sur les autres capitaines sont passagers. Le grade est créé en 1774 et supprimé en 1776. Il reparaît en 1793. Le chef d’escadrons de cavalerie date de 1788 mais ne porte sa dernière lettre que depuis 1825, époque à laquelle il abandonne son escadron pour un groupe d’escadrons.
Le major (officier) dans l’armée française
Sous l’Ancien Régime, ce grade permettait aux officiers sans fortune d’éviter l’achat d’une compagnie. On y parvenait en passant par la fonction d’aide-major, assimilée au grade de lieutenant. Le major avait autorité sur les capitaines et s’occupait de l’administration du corps. Bonaparte en fit un officier placé entre les commandants et le colonel et chargé du commandement du dépôt régimentaire. En 1815, c’est un emploi, et non plus un grade est tenu par un chef de bataillon.
Le commandant de nos jours.
La dénomination générique de commandant sert à désigner ou qualifier la personne qui est à la tête d'une troupe, d'un service ou d'une situation militaire. Il a son pendant avec des fonctions dites civiles.
Lorsque l’on parle du grade, il indique, historiquement et différemment en fonction de l'organisation de chaque armée, l'aptitude à commander un bataillon ou un groupe d'escadrons.
Il est situé entre le grade de capitaine et celui de lieutenant-colonel.
Ce grade existe dans :
- L’Armée de terre (hormis les armes de l'infanterie où le correspondant est chef de bataillon, de la cavalerie où c'est chef d'escadrons et de l'artillerie et du train où c'est chef d'escadron, mais ce sont des appellations dites de tradition, l'appellation officielle étant toujours commandant) ;
- L’Armée de l'air.
- La Gendarmerie pour le corps de soutien technique et administratif.

Le grade équivalent est :
- Dans la Marine nationale : capitaine de corvette ; le titre de commandant (surnom, le Pacha) est également attribué à tout personnel commandant un navire quelque soit son grade.
- Dans la Gendarmerie : chef d'escadron ;
- Dans le service de santé des armées : historiquement, médecin-major de 1re classe ou vétérinaire-major de 1re classe ; aujourd'hui, médecin principal, pharmacien principal ou vétérinaire principal ou chirurgien-dentiste principal ;
- Dans le corps de l'armement : ingénieur principal ;
- Dans le corps des commissaires des armées : commissaire principal.
L'insigne de commandant est reconnaissable, sur les épaules, sur le bas des manches de la veste ou sur les galons de poitrine par quatre galons ou barrettes :

Le grade de commandant dans les fonctions civiles :
De manière générale, le grade de commandant est un grade qui correspond à des fonctions civiles A ou A+ (cadres).
Le grade de commandant existe aussi dans :
- La Police nationale : il se situe après le grade de capitaine, et c'est le dernier grade des officiers de police ; la catégorie supérieure est le corps des commissaires de police.
- L'administration pénitentiaire, où le grade de commandant est le dernier du corps de commandement du personnel de surveillance ;
- Les sapeurs-pompiers volontaires et professionnels ;
- La douane, où il correspond au grade d'inspecteur (catégorie A) ;
- La police municipale, où il correspond au grade de directeur de police municipale (catégorie A) ;
- L'Office national des forêts (ONF), où il correspond au corps des cadres techniques (CATE, catégorie A), ainsi qu'au corps des ingénieurs de l'agriculture et de l'environnement (IAE, catégories A et A
Sources :
Dictionnaire_de_l'armée_de_terre_vol_5_Bardin_Étienne-Alexandre_1843 ;
https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr
Wikipédia.
Illustrations :
1 – le commandant Faurax © Archives dept du Rhône
2 - chef de bataillon du 2e RE en 1922 © peinture d’Evguenii Ponomarev, illustrateur à képi blanc.
3 – Le commandant Cabiro ( avec la cigarette)
4 - 2°BEP-1951-Indochine-Cdt Raffali (torse nu)- Cpl Philippe© ECPAD-Défense



